Conseils et méthodes : exposés, commentaire de document(s) et dissertation

Les exposés, les commentaires de document(s) et la dissertation sont des exercices auxquels vous serez forcément confronté un jour ou l’autre lors de votre cursus en Histoire de l’Art et Archéologie.

Voici des conseils et une méthode parmi tant d’autre pour vous aider à y voir plus clair.


Les conseils suivants sont également proposés en fichier PDF ici :


Les exposés

Le dossier écrit

Les différentes parties du dossier :

  • Page de garde: Nom Prénom, groupe, « L1 – Université de Bourgogne », matière, nom du professeur, date à laquelle vous rendrez votre dossier, titre de l’exposé, sous-titre éventuel, image éventuelle.
  • Sommaire (≠ table des matières qui est la même chose mais qui se trouve à la fin du dossier)
  • Présentation / Introduction
  • Description
  • Interprétation: généralement en trois parties, une problématique est bienvenue.
  • Conclusion
  • Bibliographie / Références bibliographiques
  • Illustrations: Table des illustrations + Figures
  • Annexe(s) si nécessaire

Les pages doivent être numérotées (sauf la page de garde) !

Les figures :

Toutes les figures doivent être accompagnées d’une légende.

  • Numéro de figure
  • Type : photographie, plan, dessin, etc…
  • Ce qui est représenté
  • Sources : site internet, ouvrage et copyright. Si modifications = d’après

La bibliographie

Suivre les normes données dans le fascicule en début d’année. Le plus important est d’avoir quelque chose d’homogène.

Ordonner les références dans l’ordre alphabétique du nom de famille de l’auteur principal.

Le blog d’un ancien prof de Dijon, Olivier Lemercier, qui présente les normes des mémoires de master, mais les informations concernant la bibliographie et les normes typographiques concernent tout le monde : http://ubprehistoire.free.fr/Methodes-Master.html

Le passage oral

Portez-vous volontaire ! c’est souvent bien vu.

Dans tous les cas préparez votre passage : diaporama et notes.

Ne lisez pas votre dossier, même si vous n’avez pas le temps de préparer quelque chose de totalement différent, imprimer des notes. Vous pourrez donner votre dossier avant votre passage permettre à l’enseignant de suivre votre discours plus facilement.


Le commentaire de document(s)

Le commentaire est un exercice que vous rencontrerez très fréquemment durant vos années de licence. C’est un exercice qu’il est important de maîtriser. Considérez-le comme un avant-goût de la dissertation, c’est une première étape.

Bien sûr il n’existe pas de « recette unique », miracle pour faire un bon commentaire. On peut néanmoins distinguer cinq temps important dans la réflexion et le développement :

  • Identification du ou des document(s) qui fait l’objet de votre analyse et présentation générale de l’objet du commentaire (fiche d’identité)
  • Description formelle
  • Interprétation
  • Conclusion

Identification et présentation générale

Il s’agit simplement de présenter et d’analyser le document qui vous est donné à commenter. Pour ce faire vous disposez de différents critères.

  • Nature du document : photographie, reproduction, etc.
  • Document couleur ou noir et blanc

Si c’est un document graphique (dessin, plan, etc…) :

  • Type de document : plan, coupe, schéma, etc.
  • Informations qui accompagne le document : échelle, titre, orientation, etc. -> préciser les données dont vous disposez.

Cette première étape est bien évidement à ne pas utiliser lors de l’exercice de la dissertation. Cette pratique est exclusivement en usage pour la pratique du commentaire, de même, elle n’est pas indispensable en commentaire pour les partiels, elle sert alors d’introduction, d’amorce au développement.

L’identification est la fiche technique, la fiche d’identité de l’objet, pour faire l’identification vous devrez répondre à plusieurs questions :

  • Quoi ? : Identifier l’œuvre sans rentrer dans les détails. Donner l’appellation traditionnelle de l’œuvre (ex : Vase François).
    • Nature de l’objet : céramique, monnaie, architecture, sculpture
    • Techniques de réalisation : figure rouge, figure noire, fonte à la cire perdue, bas-relief, statue en ronde-bosse, martelage, etc.
    •  Type de matériau(x) utilisés : marbre de Paros, marbre de Thasos, marbre de Carrare, bronze, etc.
    • Dimensions de l’objet d’étude et de son état : lacunaire, entier, restitué, etc.
    • Identification rapide : personnage mythologique, historique, sanctuaire, etc. Si identification discutée : développement en interprétation
  • Qui ? : Si l’on connait l’auteur de la réalisation (artiste, architecte, etc.) le citer et évoquer sa biographie très succinctement (date de naissance, date de décès, etc.). Attribution, signature, etc. Original ou copie.
  • Où ? : pays, région, etc… Dans le cas où l’objet du commentaire n’est plus sur son lieu d’origine il faut indiquer son lieu de conservation (musée, collection privée, etc.)
  • Quand ? : Dater l’objet le plus précisément possible (la justification de la datation se fera dans l’interprétation). Vous pouvez faire un point historique sur la découverte (campagne de fouille, date de découverte, contexte géopolitique de découverte, etc…), sur le lieu de la découverte (date de fondation de la ville, évènements importants) ou sur l’histoire propre de l’objet (changement de collection, expositions majeurs, détérioration du à des conflits, anecdotes, etc…)

Description

Il ne faut pas négliger la description, c’est un élément central de l’analyse.

  • Exhaustivité
  • Pertinence
  • Objectivité
  • Clarté
  • Logique

La description doit-être complète et doit permettre en principe de se représenter mentalement l’œuvre ou le monument en question sans l’aide de l’image. C’est une reproduction fictive qui permet de visualiser l’œuvre.

Utilisez le vocabulaire technique relatif aux domaines auxquels appartient votre objet d’étude (architecture, sculpture, céramique, etc.)

La description doit être ordonnée, logique et organisée. L’ordre dépend du type d’œuvre mais vous pouvez retenir quelques idées : du générale au particulier, de l’attitude d’ensemble aux détails, du bas en haut ou inversement.

  • Céramique : Description générale puis on décrit le décor en partant du pied puis on remonte, description des tableaux
  • Sculpture : du haut vers le bas. Gauche et droite : celles de la statue
    • Pondération et ligne de construction (description générale de la position du corps de l’espace, à partir du point d’appuis, généralement le pied, point de vue privilégié, utilisation de tel ou tel matériau : influence sur pondération ou construction de l’œuvre, présence d’étai : original ou copie
    • Morphologie : morphologie générale, Athlétique, gracile, etc… une appréciation des proportions par rapport aux canons, traitement du torse : graphique/ plastique, souple/fluide/heurté, membres, tête, visage et coiffure
    • Vêtements et études de la draperie : Manière dont la statue est habillée : nom vêtements, vêtue en totalité ou non, rendu des étoffes : lourde/légère, transparence, répartition des plis : éventail/courbes étagées/faissaux, parallèles, forme des plis : tuyauté, en arrête
  • Architecture :
    • Un ensemble de bâtiment (forum, sanctuaire, ville, etc.) : description générale puis de certains éléments qui sont les plus pertinents pour l’interprétation (plus de développement à l’écrit et résumé à l’oral)
    • Un bâtiment unique

Interprétation

Il s’agit de monter la particularité de l’objet, son intérêt (pourquoi les profs ont-ils choisis cet objet d’étude).Il y a différents niveaux d’interprétation, le mieux et de tous les traités.

  • Interprétation historique et idéologique: contexte chronologique et culturel. L’objet nous raconte qqch sur le moment historique qui l’a vu naître,  de quoi l’objet prote-t-il témoignage sur son époque, plus une suggestion, soyez objectifs. Comparaisons avec des objets qui reflètent le même moment historique, la même époque ou la même idéologie.
  • Interprétation stylistique : déterminer le rattachement de l’œuvre à un style local ou plus vaste géographiquement ou mettre en avant l’éclectisme de l’œuvre (influences, etc.). Tentez de le rattache à une tradition ou au contraire de mettre en avant les innovations. Un objet peut parfois être attribué à une école, un artiste, un atelier : tenter d’en identifiez les caractéristiques. Comparaison avec des œuvres similaires : techniques, même atelier ou artiste, même style/époque ou au contraire, différent de pour montrer les transitions d’un style à un autre.
  • Interprétation général : Il s’agit de redonner un sens au doucement, Une œuvre est rarement isolée, elle se rattache à un répertoire iconographique, à une série typologique ou fonctionnelle si l’objet présente une iconographique particulière, il est important de définir pourquoi elle a été utilisée ici, mise en série avec d’autre œuvres (pas forcément sur les mêmes supports). Cette partie peut s’intégrer à l’interprétation historique ou iconographique pour appuyer les arguments.

Conclusion

Rappeler les principales caractéristiques et l’intérêt de votre objet d’étude.

La place de l’objet dans une époque et une évolution, mise en parallèle avec d’autres supports.


La dissertation

La dissertation est le dernier exercice avec lequel vous devrez composer. C’est le plus difficile à maîtriser, car il est très subjectif. D’autant plus qu’il n’existe pas de « recette » miracle.  La dissertation consiste en un travail de synthèse. Il s’agit d’organiser des données en vue d’une démonstration. Elle se présente obligatoirement sous forme d’une introduction, de plusieurs parties et d’une conclusion. Trois grands principes sont à appliquer :

  • Formuler une problématique dans l’introduction et y répondre en conclusion
  • Dégager les lignes de forces de votre réflexion
  • S’appuyer sur des faits et des exemples précis et détaillés

Préparation

1- Recopier avec exactitude et dans son intégralité le sujet sur votre feuille de brouillon, afin de l’analyser :

– Pourquoi vous a-t-on donné ce sujet ? Que représente-t-il par rapport au cours, au programme ?

– Définir précisément les termes de l’énoncé, de façon à délimiter la problématique et éviter le hors-sujet.

– Chercher une problématique.

2- La problématique met en évidence un problème, sous forme de question, auquel on répond en conclusion. Le développement de la dissertation constitue les éléments de réponse à cette question.

Faire un plan détaillé : parties, sous-parties, paragraphes. Faire un plan, c’est situer les arguments les uns par rapport aux autres. Il n’existe pas de plan type. Le plan dépend essentiellement du sujet auquel il s’adapte. Vous devez pouvoir donner un titre explicite à chaque partie : votre plan doit être démonstratif, dynamique. Il faut absolument éviter les plans tiroirs, descriptifs et statiques, qui ne démontrent rien. La dissertation est avant tout une argumentation. Le plan doit être équilibré et cohérent.

3 – Enfin, toujours au brouillon, rédiger l’introduction et la conclusion. Ce sont les éléments les plus importants du développement.

Rédaction

1 – L’introduction

Amener le sujet en quelques phrases. Ne jamais commencer directement par l’énoncé du sujet, mais le resituer dans un ensemble plus vaste.

Délimiter le sujet, en définissant les termes, et poser la problématique, sous forme d’une question indirecte.

Pour répondre à cette problématique, vous devez vous appuyer sur des sources.

Préciser rapidement quelles sources amènent des éléments sur ce sujet précis et ce qu’elles apportent.

Annoncer le plan que vous allez suivre en une phrase ou en plusieurs membres de phrases

2 – Le développement 

Penser à sauter une ligne entre chaque partie, à aller à la ligne entre chaque sous-partie.

Chaque paragraphe doit énoncer une idée. Vous devez étayer votre démonstration grâce à des exemples. Il ne s’agit pas de montrer toutes vos connaissances, mais de choisir avec pertinence celles que vous maîtrisez et qui illustrent le sujet.

Faire des transitions entre chaque grande partie : cela montre que vos idées ne sont pas simplement juxtaposées, mais s’enchaînent logiquement.

3 – La conclusion 

Faire la synthèse de ce que vous avez démontré dans le développement : c’est la réponse à la problématique que vous avez définie en introduction. Attention de ne pas garder pour la conclusion des éléments qui auraient dû être développés au cours de la dissertation.

Élargir le sujet en écrivant éventuellement quelques lignes sur ce qui se passe après.